Entrer en classe préparatoire littéraire signifie que l’on est en recherche d’un enseignement pluridisciplinaire solide. Pour autant, chaque CPGE propose des enseignements de spécialité que les étudiants doivent obligatoirement choisir en deuxième année (khâgne). Au lycée Guez de Balzac, trois spécialités sont proposées :

  • Lettres modernes 
  • Histoire-Géographie 
  • Etudes cinématographiques.

La Spécialité lettres

La spécialité Lettres modernes, choisie à la fin de l’Hypokhâgne, propose, en seconde année, un enseignement de six heures hebdomadaires réparties ainsi :

  • Deux heures centrées sur la préparation à l’épreuve orale de l’ENS de Lyon. Le programme, qui comprend généralement deux œuvres, dont une empruntée au domaine étranger, permet une initiation à la littérature comparée. Au-delà du concours, c’est une autre façon d’aborder la littérature qui s’offre aux étudiants, et qui peut déjà orienter leurs projets de poursuite d’études et de recherche.

Voici quelques exemples de programme des années précédentes :

2017 : William Faulkner, Le Bruit et la fureur ; Claude Simon, La Route des Flandres. Intitulé : Polyphonies de la mémoire.

2018 : William Shakespeare, Othello ; Voltaire, Zaïre. Intitulé : Tragédies de la jalousie.

  • quatre heures de littérature, permettant d’acquérir une culture littéraire générale et d’approfondir la connaissance de l’histoire littéraire dans ses aspects chronologiques et esthétiques. Un entraînement systématique à l’écrit consolide la technique du commentaire composé. Au concours de l’ENS, en effet, cette épreuve ne s’appuie pas sur un programme : il faut donc s’initier aux trois grands genres – le roman, le théâtre, la poésie –, aux mouvements – baroque, classicisme, romantisme, réalisme, etc. –, et surtout se montrer sensible à la singularité d’une écriture.

La prise en compte des aspects stylistiques et grammaticaux des textes offre une base formelle et « technique » qui accompagne la lecture sensible. A l’écrit comme à l’oral elle permet de progresser dans la maîtrise du français.

La spécialité Lettres modernes élargit ainsi le champ littéraire en introduisant une part de textes étrangers traduits tout en donnant les connaissances nécessaires à une approche personnelle de la littérature.


La Spécialité Histoire-Géographie

Cette spécialité propose un approfondissement académique tant en histoire qu’en géographie. Elle prépare au commentaire de document historique (exercice central au métier d’historien) ainsi qu’au commentaire de carte topographique.

  • La Géographie

L’option géographie en hypokhâgne (2 heures) prépare en partie, sur la seconde partie de l’année, la spécialité géographie en khâgne (4 heures). Cette dernière consiste à pratiquer une géographie « à grande échelle » sur des lieux précis du territoire français et des DOM représentés par une carte topographique IGN au 1/25 000 avec l’aide d’un document d’appui (une photographie, un document statistique de l’INSEE, une carte à une autre échelle …). L’analyse géographique des lieux étudiés s’appuie donc une « lecture raisonnée » de la carte topographique et sur l’utilisation du document d’appui. L’exercice, assez technique, demande la maîtrise d’une méthode (celle du commentaire de carte topo IGN) et d’un vocabulaire géographique précis. Il s’agit d’une approche de la discipline très différente de celle pratiquée en Tronc Commun. 

http://fracademic.com/dic.nsf/frwiki/711088

L’analyse géographique des lieux étudiés s’appuie donc une « lecture raisonnée » de la carte topographique et sur l’utilisation du document d’appui. L’exercice, assez technique, demande la maîtrise d’une méthode (celle du commentaire de carte topo IGN) et d’un vocabulaire géographique précis. Il s’agit d’une approche de la discipline très différente de celle pratiquée en Tronc Commun.

  • L’Histoire  

En histoire, dans le cadre de la spécialité de khâgne, sont étudiées deux questions (une par semestre), renouvelées chaque année, et choisies par le jury du concours de la BEL parmi deux des trois périodes suivantes : histoire ancienne, médiévale et moderne. Les espaces, les époques comme les angles d’étude sont d’une grande diversité, et reflètent la richesse et le renouvellement des interrogations historiographiques. Ces questions viennent compléter le programme d’histoire contemporaine abordée en Tronc Commun.

A titre d’exemple, les questions suivantes ont été abordées ces dernières années :

session 2019 : le « Beau XIIIe siècle » en France, Italie et Allemagne ; l’Atlantique au XVIIIe siècle ;

– session 2018 : les Grecs et les autres (VIe-IVe siècles avant J.-C.) ; économie et société en France au XVIIe siècle ;

– session 2017 : Rome et Carthage (Ve-Ier siècles avant J.-C.) ; la Guerre de Cent ans.

Les effectifs réduits de la spécialité sont favorables à l’épanouissement de l’étudiant ainsi qu’au travail en groupe. Le suivi pédagogique est ainsi attentif et personnalisé, le travail oral est privilégié.

L’approfondissement académique proposé tant en histoire qu’en géographique permet d’acquérir des savoir-faire transdisciplinaires valorisés dans la poursuite des études, d’aiguiser son esprit critique, de se doter d’une culture approfondie, d’une connaissance du passé comme d’une conscience des enjeux présents et futurs.

Cette spécialité ouvre sur une diversité de licences et masters, notamment en double cursus. En effet, ce double enseignement confère aux étudiants de réels atouts : une solide culture général, une aisance dans l’écriture et l’organisation des idées, un esprit de synthèse et un esprit critique, ainsi que des qualités de recherche et de hiérarchisation d’informations. Ces atouts sont bien sûr valorisés dans les différents concours (ENS, écoles de commerce et de communication, journalisme…) mais également à l’université dans des filières au-delà des débouchés naturels que sont l’histoire et la géographie : métiers de l’enseignement, de l’urbanisme et de l’aménagement, de la culture et du tourisme, des sciences politiques, du patrimoine, de la conservation, des archives et de la documentation


La Spécialité Etudes cinématographiques

Présentation générale

La spécialité études cinématographiques a ouvert au sein de la CPGE du lycée Guez de Balzac à la rentrée 2015. Elle s’inscrit pleinement dans la démarche pluridisciplinaire propre à l’enseignement en classe préparatoire en offrant la possibilité aux étudiants désireux de développer leur culture générale d’aborder un domaine du savoir que l’on approfondit souvent peu au lycée, en dehors des options qui lui sont dédiées.

François Truffaut, in Hitchcock-Truffaut, Gallimard

Le lycée Guez de Balzac d’Angoulême est le seul de toute la grande région Nouvelle Aquitaine à proposer cette spécialité.

Celle-ci s’adresse aux élèves de classe préparatoire littéraire ambitionnant d’accéder à une véritable culture théorique et pratique dans le domaine du cinéma. Aucune expérience dans le domaine technique n’est par ailleurs exigée. Il est cependant essentiel, pour les élèves qui la demandent, d’être portés par une réelle curiosité ou un réel amour du cinéma, doublés d’une solide motivation pour des études exigeantes. Les étudiants peuvent prendre cette option dès la première année.

Elle permet alors aux étudiants de se familiariser avec l’histoire du cinéma, tant sur le plan esthétique que sur celui de l’évolution des techniques. L’étude des grandes œuvres, de la théorie du cinéma, de la critique cinématographique, conduite par un enseignant spécialisé dans ce domaine, débouche sur la rédaction de dissertations ainsi que sur des travaux d’analyse filmique. Les étudiants sont d’autre part formés à la réalisation de petits films et sont, dans ce cadre, initiés à l’écriture de scénarios, aux techniques de tournage et de montage.

Le contenu des enseignements

Chaque semaine, les étudiants et étudiantes ont la possibilité d’étudier le cinéma pendant 4 heures (en première comme en seconde année). L’enseignement de première année s’organise autour de quatre grands axes :

  • l’esthétique de l’image ;
  • la culture cinématographique et l’histoire du cinéma ;
  • l’économie du cinéma et de l’audiovisuel ;
  • la création et la réalisation pratique (initiation à la prise de vue, à la prise de son ; travaux d’écriture scénaristique ; mais aussi rédaction de critiques cinématographiques etc.).

Il n’y a pas nécessairement de priorité dans l’organisation du programme ci-dessus, même si l’accent est clairement mis sur l’analyse d’œuvres cinématographiques et sur leur mise en perspective par rapport à d’autres arts ou à d’autres films. En outre, les passerelles sont favorisées avec les autres disciplines.

La première année de prépa se termine sur la réalisation, par les étudiants répartis en groupes, d’un court-métrage.

La deuxième année approfondit les enseignements théoriques et pratiques de la première année, et y ajoute une préparation aux épreuves de l’option cinéma de l’ENS de Lyon dont le programme inclut une problématique esthétique (par exemple « Trucs et effets spéciaux de Méliès au numérique » en 2017-2019) et une problématique d’ordre plus historique (« le cinéma d’Andreï Tarkovski » en 2016-2018). Sont aussi préparées lors de cette deuxième année les épreuves orales de la spécialité cinéma de l’ENS de Lyon (analyse filmique et scénario).

Les activités de la spécialité

Dans le cadre de l’option, des ateliers de pratique sont proposés aux étudiants. Ceux-ci doivent leur permettre de mieux comprendre les aspects techniques évoqués dans les cours d’esthétique et d’histoire du cinéma. Les étudiants sont ainsi amenés à réaliser un court-métrage.

Dans le cadre de l’ouverture culturelle des étudiants, ceux-ci pourront profiter des projections proposées par le cinéma de la Cité, avec lequel le lycée établit un partenariat.

De la même façon, ils auront l’opportunité de participer à des festivals. Les étudiants iront, chaque année, pendant quatre jours, au Festival International du Film de La Rochelle. Ils pourront également participer au Festival du Film Francophone d’Angoulême.

Photo Festival de La Rochelle

Enfin, cette option vient compléter l’offre de formations supérieures de l’image d’Angoulême. Grâce au pôle Magélis, qui regroupe les écoles supérieures de l’image de la ville, les étudiants ont la possibilité d’assister à des conférences organisées autour de cinéastes ; ils peuvent aussi assister à des tournages.

Vous pouvez vous reporter à l’onglet « articles » pour vous renseigner plus précisément sur les activités proposées aux étudiants de la spécialité.

Les poursuites d’études possibles

Pour ce qui est des débouchés, cette formation s’inscrit pleinement dans l’enseignement de CPGE. Elle permet aussi bien :

  • de préparer le concours d’entrée de l’Ecole Normale Supérieure de Lyon « Lettres et Sciences humaines » qui propose des épreuves de cinéma (à l’écrit et à l’oral) depuis le concours 2004, et se dote d’un cursus d’études cinématographiques avec pour objectif de référence de former des enseignants chercheurs en cinéma.
  • de préparer efficacement les concours des IEP (Instituts d’Etudes politiques) ou les grandes écoles de commerce à la recherche de profils nouveaux, connaisseurs de la communication par l’image.
  • de se présenter dans de bonnes conditions à des concours d’entrée d’écoles de cinéma : à l’ENSMIS (ex. FEMIS) en particulier, mais aussi l’Insas (Institut National Supérieur des Arts du Spectacle [Belgique] etc.
  • d’acquérir, outre un bon niveau de culture générale, une vue claire et précise du monde du cinéma. La spécialité peut leur offrir l’opportunité de poursuivre en Licence ou en Master de cinéma à l’Université. En outre, dans la mesure où le cinéma fait partie du parcours « Lettres et arts », la spécialité permet aussi d’intégrer un cursus littéraire classique dans d’excellentes conditions (Licence ou Master de lettres). D’ailleurs, le concours externe de lettres du CAPES ou l’agrégation interne de lettres proposent une épreuve de cinéma.